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Objectifs du programme Sephis
Créé en 1994, le programme Sephis est financé par le ministère de la Coopération au Développement des Pays-Bas. Il a pour but d'encourager la mise en place d'un réseau Sud-Sud orienté vers la recherche historique comparative sur les processus de changement à long terme. La perspective comparative est centrale dans le programme Sephis, qui la considère comme l'approche la plus prometteuse depuis que les grandes théories (telles que la théorie de la modernisation des années 1950-1960 et la théorie de la dépendance des années 1960-1970) sont tombées en disgrâce. Aujourd'hui, les études du développement sont davantage axées sur l'aspect historique, situationnel et sur la théorisation au 'niveau intermédiaire'. Le choix par Sephis d'une approche comparative dénote sa reconnaissance de l'existence de diverses trajectoires et perspectives historiques. Reconnaissant que le terme 'comparatif' peut être associé à différentes significations pour chacun d'entre nous, Sephis n'en donne pas une définition unique, mais s'emploie à encourager les historiens à reconsidérer les liens entre la recherche empirique et les questions d'ordre méthodologique et conceptuel. C'est la raison pour laquelle son Comité directeur choisit ses projets en se fondant sur leurs perspectives comparatives et leur potentiel de contribution à des théories 'intermédiaires' du développement qui soient plus satisfaisantes et historiques.
Histoires alternatives
Comment retrouver des voix qui se sont tues ou qui ont été marginalisées et produire des histoires alternatives et non 'statistes', telle est la question au centre des préoccupations de Sephis. Le programme a pour but de lancer et de soutenir des activités de recherche qui remettent en question l'autorité absolue des écrits, et se montrent sceptiques quant aux récits 'statistes' et unilinéaires de l'histoire. L'Alternative' consiste également à encourager le dialogue entre les nombreuses visions qu'à le Sud du développement et de l'histoire, en plus des échanges Nord-Sud qui ont prévalu jusqu'ici.
Les thèmes développés par Sephis
Le thème général de ce programme de recherche est l'Historicisation de la modernité et du développement, en considérant la modernité comme le précepte fondamental des luttes pour l'édification de la nation et de la prospérité économique. Les questions centrales du programme Sephis concernent les contradictions créées par la marche de la modernité : l'ouverture de nouvelles possibilités d'une part, tout en créant de nouvelles barrières pour de nombreux groupes et sociétés d'autre part. La première phase du programme, qui s'est terminée en 2001, est axée sur deux sous-thèmes que l'on retrouve dans toutes les histoires récentes du développement/sous-développement national et local : l'identité et l'équité. Le premier sous-thème, l'identité, étudie principalement les constructions coloniales et postcoloniales d'identités 'nationales' et 'communautaires', de cultures et histoires, ainsi que les conflits qu'elles génèrent. Il pose des questions sur les différences d'accès à la citoyenneté, aux droits humains et aux possibilités d'expression politique et culturelle, entre différents groupes. Le deuxième sous-thème, l'équité, porte essentiellement sur les contradictions liées à la classe, à la communauté et au sexe dans les économies et sociétés nationales et régionales : marginalisation, accès différencié aux ressources économiques et aux fruits du 'développement', ainsi que les conflits qu'ils génèrent.
Le Comité directeur de Sephis
Sephis est un programme de recherche autonome, sous les auspices d'un Comité directeur international. Les membres de ce comité sont les suivants :
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Sabayasachi Bhattacharya
Centre for Historial Studies, Jawaharlal Nehru University, New Delhi, Inde. |
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Shamil Jeppie
History Department, University of Cape Town, Cape Town, Afrique du Sud |
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Michiel Baud
Centre for Latin America Research and Documentation (CEDLA), Amsterdam, Pays-Bas
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Takyiwaa Manuh
Institute of African Studies, University of Ghana, Accra, Ghana |
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Carlos Degregori
Instituto de Estudios Peruanos (IEP), Lima, Peru |
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Matthias Pandian
Centre for the Study of Developing Societies, Delhi, India |
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Verene A. Shepherd
University of the West Indies, Kingston, Jamaica |
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